Les personnes en situation de handicap sont-elles fragiles ?

Le 18 mars, tous les Belges ont été confinés à cause du Covid-19.

Cela veut dire devoir rester enfermé chez soi, à la maison, en institution, en maison de repos…

Toutes les personnes en situation de handicap n’ont pas toujours pu donner un avis sur cette décision.

Le Covid-19 a tué 10 000 personnes en Belgique.

Parmi ces 10 000 personnes, il y a des personnes en situation de handicap de plus de 65 ans, mais pas seulement.

Parmi ces 10 000 personnes, 5 000 vivaient en institutions, en maisons de repos, en maisons de soins.

Pour l’ASPH c’est très important et cela montre la réalité des personnes en situation de handicap.

Le Covid-19 a pointé beaucoup de problèmes, des réalités.

Ces problèmes existaient déjà. Le coronavirus les a empirés.

Ces problèmes sont :

  • Les personnes en situation de handicap ne peuvent pas toujours donner leur avis
  • Il n’y a pas assez de services pour que les personnes en situation de handicap puissent vivre chez elles, en toute autonomie.

Le Covid-19 a renforcé les inégalités entre les personnes avec et sans handicaps.

Pour que les personnes en situation de handicap puissent vivre chez elles, des proches les aident.

Un proche, c’est un parent, un frère, une sœur, un mari, une épouse, un voisin.

Pendant la crise du Covid-19, beaucoup de services ont arrêté de fonctionner :

  • Plus de soins à domicile
  • Plus d’aide pour le ménage
  • Les services de livraison surchargés…

Pendant la crise du Covid-19 et le confinement, les aidants proches ont dû TOUT faire :

  • Les courses,
  • Les soins,
  • Gérer les paiements, les papiers…

Pendant et après le confinement, l’ASPH avec d’autres associations :

  • ont défendu les droits des personnes en situation de handicap
  • ont montré les difficultés des personnes en situation de handicap, de leurs familles, des proches…

Depuis 100 ans, l’ASPH défend les droits des personnes en situation de handicap.

Elle va continuer !

Cette pandémie Covid-19 aura tué chez nous quelques 10 000 personnes, dont des personnes en situation de handicap majoritairement âgées de plus de 65 ans, mais pas que !

Pour une partie importante, quelques 50 %, des personnes vivant dans des lieux collectifs : résidentiels, maisons de repos, maisons de repos et de soins… Ce Covid-19 a révélé tragiquement, publiquement, ce que l’ASPH, comme d’autres associations de personnes en situation de handicap, dénonçons depuis des années : le déni du droit d’expression des personnes en situation de handicap, et l’insuffisance indécente de services et de prestations permettant à ce public de vivre librement ! Du jour au lendemain, des milliers de personnes, de tous âges, se sont retrouvées enfermées, emmurées officiellement. Leur droit de comprendre, de réfléchir à leur légitime protection et risque à prendre, écrasé. Et cet enfermement, nommé «sanitairement» confinement, a été légitimé sans scrupules. Cela tant pour les résidents dans des lieux collectifs, qu’à domicile aussi, car privés de prestataires de soins (débordés, en sous-effectifs…) et de services de livraisons à domicile !

Les lieux de vie collectifs aujourd’hui ne sont pas conçus pour que la personne soit « chez elle », locataire, avec les droits (et les devoirs) qui devraient y être liés. D’ailleurs, elle est désignée «résidente», «bénéficiaire»… C’est cette situation qui pousse tant de personnes en situation de handicap à répéter le modèle institutionnel. Mais cette crise démontre que ce n’est pas la collectivité qui enferme, c’est l’absence et l’insuffisance de services, prestataires, généraux et spécifiques pour assumer son autonomie et la reconnaissance non négociables de l’individu dans sa capacité d’exprimer et d’exercer ses choix de vie !

Et dans le même temps, des centaines de proches ont dû assumer, full time, sans aides d’aucune sorte, le rôle d’aidant proche ! Parce que des services fermaient ou que le confinement absolu était le seul horizon. Ces aidants proches ont, durant des semaines, assumé ce que la société n’était pas ou plus capable d’exercer.  Et ce n’est pas la reconnaissance d’aidant proche qui les aurait aidés, car il n’y avait pas de servies ou de prestataires pour les assister.

Il n’est pas question de nier l’ampleur de la crise sanitaire ; ni l’enjeu majeur et essentiel de soutenir et de protéger les personnels soignants, éducatifs… qui se sont retrouvés submergés, sans protection, mais cette pandémie a mis au grand jour que le statut de vulnérabilité attribué aux personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge, s’est révélé mortifère et déshumanisant.

Tout au long de ce confinement, l’ASPH s’est mobilisée pour interpeller les responsables politiques, pour trouver des solutions, pour négocier, pour communiquer les difficultés et les besoins. Avec d’autres collègues associatifs, avec le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées.

L’ASPH a 100 ans ! Cela lui donne la force et les ressources pour les 100 prochaines années à défendre l’inclusion pleine et entière.

Gisèle Marlière – Président

Dans le PDF, les articles sont disponibles en Facile à lire et à Comprendre – FALC.

Lire Handyalogue : dossier aidants proches (PDF -2837 Ko)