ASPH | 2014

Le handicap, jusque ces dernières décennies, appartenait encore au domaine médical ou à la catégorie « tragédie personnelle ». 1 Néanmoins, les réponses apportées aux personnes porteuses d’un handicap ou d’une maladie chronique, varient considérablement dans le temps et dans l’espace. A cette différence s’ajoute également la culture et les mentalités de chaque société. L’accent a été mis sur les incapacités et en conséquence les personnes handicapées étaient mises à l’écart des personnes « normales » à cause de leur « malchance, différence, maladie ».2 L’objectif à atteindre est alors le recouvrement des facultés, dans un contexte individuel et apolitique, par le biais de la réadaptation, en référence à cet idéal de normalité.3
De ce point de vue , les disability studies opèrent un changement de paradigme, car elles sont en totale opposition avec les modèles médicaux prédominants jusque-là. En effet, elles opèrent un véritable renversement de problématique par rapport au modèle de réadaptation, qui a prévalu d’avantage encore en Europe qu’en Amérique du Nord et qui repose sur les notions de déficiences et d’incapacités, en se fixant comme objectif la guérison.4 La déficience, qui peut prendre des diverses formes, peut être intellectuelle, visuelle, auditive, motrice, psychologique, du langage ou autre, et doit être compensée ou encore réparée, pour permettre « malgré tout », une adaptation au monde social (école, travail, loisirs, etc).5 En d’autres termes, selon le modèle médical, le point de départ est l’individu qui va vers la société, tout en gardant l’idée de la compensation.
C’est précisément cette limite qui est le point de départ des disability studies .