2018 : Écrivain public, est-ce un levier aux inégalités ?

Les discriminations par le langage sont méconnues, mais très présentes dans certaines couches de la population, notamment chez les migrants, les personnes âgées, les personnes analphabètes et les personnes en situation de handicap (mental ou physique), pour ne citer qu’eux.

Le sociolinguiste français Philippe Blanchet a développé le terme « Glottophobie », qui couvre la façon dont « dans la société, on sépare, on discrimine, on stigmatise des parties de la population à partir de leurs usages linguistiques. La glottophobie désigne les discriminations, les manifestations de mépris, de haine, les agressions, les rejets ou l’exclusion qui se basent sur le prétexte – évidemment illégitime et souvent illégal – que les personnes parlent une langue, ou dans les variétés d’une même langue, jugées non légitimes, incorrectes, mauvaises et non acceptables ». Philippe Blanchet explique avoir recueilli «de nombreux témoignages de personnes à qui on a refusé l’accès aux soins, la participation à la vie démocratique, un logement ou un service  ». Il développe également l’idée selon laquelle les discriminations sont souvent liées et se cumulent les unes aux autres. Son propos est renforcé par celui de Michel Francard, professeur ordinaire émérite à l’Université Catholique de Louvain en faculté de philosophie, arts et lettres, qui parle quant à lui d’insécurité linguistique. « En sociolinguistique, c’est le fait qu’une personne confrontée à des modèles linguistiques qu’on lui présente comme supérieurs au sien va intérioriser qu’elle parle mal, ce qui va l’insécuriser dans ses prises de paroles  ». Nous reviendrons sur le lien qu’il convient de tisser entre ces concepts et le handicap plus loin dans cette analyse.
 
Lire la suite de l'analyse (en PDF) : Écrivain public, est-ce un levier aux inégalités ?