BAP et assurance autonomie

Quelle est la position de l'ASPH sur le Budget d’Assistance Personnelle et l’Assurance Autonomie ?

« L'assistance personnelle vise à compenser les incapacités du bénéficiaire dues à ses déficiences en lui fournissant l'aide et l'assistance demandée, sous forme de financement des prestations réalisées par un ou des assistants personnels, en vue de se maintenir dans son milieu de vie ordinaire, d'organiser sa vie quotidienne et de faciliter son intégration familiale, sociale ou professionnelle. »1

Si le BAP a été mis en place, c’est pour pallier l’absence de réponse et/ou le manque de services adéquats aux besoins des personnes handicapées en situation de manque d’autonomie. Il est censé permettre de vivre un quotidien dans, mais aussi hors du domicile, d’être une femme, un homme active/actif ou tout simplement d’avoir « la capacité de se gouverner soi-même »².

Or, jusqu’à présent, le BAP n’est octroyé qu’à 389 cas identifiés  « prioritaires » ³ et laisse des centaines de personnes avec des demandes et des besoins légitimes sur le côté ! Car jusqu’à présent, c’est en début et/ou fin de législature que le Politique, poussé par une médiatisation légitime de l’une ou l’autre situation, ajoute quelques misérables milliers d’euros pour augmenter de quelques dizaines de  bénéficiaires !!

Si l’Assurance Autonomie projette de « diminuer le coût de la dépendance par des services octroyés à des personnes »4, elle ambitionne également de « bénéficier à tous les wallons, avec une attention particulière à ceux qui en ont le plus besoin »5.  Les prestations « couvertes » par l’actuel BAP sont donc bien concernées par l’Assurance Autonomie.

L’ASPH représente plus de 50.000 personnes handicapées et soutient avec fermeté que la réponse à apporter en terme de prestations liées au manque d’autonomie doit se trouver intégralement dans l’Assurance Autonomie.

Si l’assurance autonomie veut répondre aux ambitions qu’elle s’est fixées, Il n’est pas question qu’une partie des prestations attendues « identifiées BAP » se retrouve dans une niche spécifique et famélique hors de son champs d’actions.

La mise en place d’une Assurance Autonomie est en effet un enjeu et un défi majeurs pour les années à venir. L’envergure de ce dispositif est telle que tous les objectifs visés doivent être identifiés afin de pouvoir envisager l’ensemble des réponses qui devront être apportées.
Devons-nous encore évoquer la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées pour justifier de l’obligation qu’ont les politiques générales à répondre aussi aux besoins légitimes des personnes handicapées ?

C’est un rendez-vous politique majeur, qui ne se représentera pas de sitôt ! Les omissions mettront des années à être corrigées.

Intégrer  toutes les prestations BAP dans l’Assurance Autonomie, c’est :
  • Etre cohérent en terme de réponse politique globale;
  • Envisager et construire une politique ambitieuse qui répond à tous les enjeux du manque d’autonomie ;
  • Confier à des prestataires professionnels (les services à domicile) la mission de cette prise en charge ;
  • Veiller à ce que la personne handicapée soit concertée et impliquée dans la définition des types de prestations nécessaires et de leur fréquence ;
  • Accepter que les services à domicile développent de nouvelles expertises et de nouveaux métiers basés sur les besoins des personnes handicapées ;
  • Ouvrir de nouvelles perspectives d’emploi dans le cadre de la création de ces nouveaux métiers et services ;
  • Faire confiance à la capacité de mobilisation des services à domicile pour assurer la concordance entre les missions qui leur seront dévolues et les moyens  disponibles;
  • Accepter une programmation des prestations « BAP » ;
  • Et faire en sorte que toutes les personnes handicapées en situation de manque d’autonomie soient sur un pied d’égalité !
Enfin, l’ASPH soutient un maintien de droit du BAP pour les actuels bénéficiaires (sauf si la personne souhaite passer dans le nouveau dispositif Assurance Autonomie).  Mais tant que le BAP – même « restreint » à la participation sociale -  reste dans une niche à part, il sera condamné à l’indécence du nombre de bénéficiaires et à l’indigence du budget consacré !

Gageons que le projet politique de l’assurance autonomie rencontre les besoins et attentes de toutes les personnes concernées par la perte ou par le manque d’autonomie. Et qu’il participe à la construction d’une société plus juste et plus égalitaire.
 
 
​1  Arreté GW BAP 2009
2  Note cadre relative à l’Assurance Autonomie Wallonne
3  Arrété GW BAP
4  Note cadre relative à l’Assurance Autonomie Wallonne
5  Déclaration de politique Régionale 2014-2019