La thalidomide fait encore parler d’elle…

 
Enfin un dédommagement pour ses victimes 


La thalidomide ou plutôt les conséquences de son utilisation par les femmes enceintes sont à la base d’un des plus gros scandales pharmaceutiques du 20e siècle. La thalidomide est une substance chimique utilisée en pharmacie dans les années 50 et 60 pour soulager les nausées chez les femmes enceintes.

En Belgique, elle fut prescrite entre les années 1959 et 1962. Cette substance s’est avérée toxique et a provoqué le décès et des malformations chez des milliers de nouveau-nés. Bien que nous nous réjouissions de ce dédommagement, nous déplorons qu’il ait fallu attendre aussi longtemps pour le mettre en place.

Qu’en est-il concrètement ?

Dès maintenant, toutes personnes victimes de la thalidomide qu’ils s’agissent des parents ou de la personne directement concernée par la prise du médicament, peuvent introduire une demande pour bénéficier d’un dédommagement financier.
concernés

Concrètement, cela signifie : 
  • Pour les vi​​ctimes de la thalidomide : une somme forfaitaire de 125 000€

ou
  • Pour les paren​ts (tant la mère que le père) d’une victime décédée de la thalidomide : une somme forfaitaire de 30 000€.


Quelles sont les démarches à entreprendre ?

Pour obtenir cette aide, il faut introduire une demande auprès de la caisse d’assurance maladie invalidité (CAAMI) par courrier recommandé. Cela peut se faire de 2 manières
  • soit en remplissant un formulaire 
  • soit en utilisant un simple courrier reprenant toutes les informations concernant la situation et signé.

Les informations sont différentes s’il s’agit de la personne elle-même ou si c’est un parent qui introduit la demande.

Pour la personne victime de l’usage du médicament : 
Le courrier doit impérativement contenir les informations suivantes
  • les données générales : nom, prénom, date de naissance numéro de registre national, l’adresse ainsi que les coordonnées bancaires.
  • tous les documents utiles attestant qu’elle est atteinte de malformations congénitales suite à l’ingestion de médicament contenant de la thalidomide par la mère durant sa grossesse.
Pour les parents d’une victime décédée de la thalidomide
  • les données générales : nom, prénom, date de naissance numéro de registre national, l’adresse ainsi que les coordonnées bancaires ainsi que les coordonnées de l’enfant victime de la thalidomide. 
  • tout document attestant que l’enfant était atteint de malformations congénitales suite à l’ingestion de médicament contenant de la thalidomide par la mère durant sa grossesse.

Quelle que soit la situation, le courrier doit être envoyé à la direction médicale – thalidomide de la CAAMI (les coordonnées sont reprises en fin d’article) POUR LE 16 MAI 2021.  

L’analyse de la demande

La direction médicale de la CAAMI vérifiera d’une part si le dossier est complet et d’autre part si les conditions sont remplies pour bénéficier du dédommagement. Dans l’affirmative, le dossier sera transmis au Service public fédéral stratégie et appui (BOSA) pour la mise en paiement. La personne sera informée via courrier.

Bien que les sommes versées soient exonérées d’impôts sur les revenus et qu’elles n’ont également aucun impact sur les aides ou les droits dont la personne bénéficierait déjà en vertu d’autres dispositions, nous déplorons ce tardif dédommagement. Il aura fallu attendre plus de 60 ans après la première mise en circulation du Softenon et autres médicaments en pharmacie. Combien de parents et de victimes sont décédés depuis ? 


CAAMI
Direction médicale – thalidomide 
Rue du Trône 30A   
1000 Bruxelles


Info
Contact Center 
02/515 19 19 – asph@solidaris.be
 

En français facile 

Le scandale des bébés Softenon
Il y a de nombreuses années, un médicament a été proposé aux femmes enceintes pour ne plus avoir de nausées, ne plus être malade.
Il en existe beaucoup, mais plusieurs contenaient une substance : la thalidomide.
La thalidomide a provoqué des malformations chez les bébés.
Cela veut dire que des bébés sont nés : 
Sans bras, sans jambes
Avec des problèmes au cœur, au rein…

Beaucoup de ces bébés sont morts avant leur premier anniversaire.
D’autres vivent encore.

Aujourd’hui, un dédommagement c’est-à-dire une réparation pour ce qui s’est passé est possible.
C’est possible pour :
les parents de ces bébés 
les personnes victimes du médicament

Cela veut dire que ces personnes peuvent demander de l’argent : 
30 000 euros pour les parents
125 000 pour les victimes

Il faut le faire avant le 17 mai 2021.

Il faut envoyer le courrier ou le formulaire à la CAAMI : la caisse d’assurance maladie invalidité.

La CAAMI, c’est comme une mutuelle, mais seulement pour les soins de santé et les indemnités si on n’a plus d’emploi.

Que faut-il dans le courrier ou le formulaire ?
Pour les victimes 
o nom, prénom, date de naissance numéro de registre national, l’adresse et le numéro de compte 
o tous les documents montrant qu’elle est victime du médicament et qu’elle a des malformations. C’est souvent des documents médicaux : analyses, radio…
Pour les parents 
o nom, prénom, date de naissance numéro de registre national, l’adresse et le numéro de compte ET le nom et prénom de leur enfant
o tous les documents montrant que leur enfant est une victime du médicament et qu’il avait des malformations. C’est souvent des documents médicaux : analyses, radio…

C’est la CAAMi qui décide si la personne peut ou non recevoir la réparation.

Recevoir cet argent ne change pas les droits de la personne.
Cet argent n’est pas repris comme un salaire, mais comme une réparation.

L’ASPH est contente qu’il y ait enfin une réparation.
Elle regrette que ces personnes aient dû attendre 60 ans pour la demander.