logopedie

Pas plus de 30 minutes

En clair, aucune  séance d’au moins 60 minutes ne peut prétendre à une intervention de l’assurance soins de santé obligatoire pour tout enfant de moins de 10 ans quel que soit le type de trouble.

Cette nouvelle règlementation s’applique à toutes et tous, mêmes aux personnes dont les traitements sont antérieurs.  Il est inutile de dire  que cette nouvelle  fût mal accueillie.

L’instance de négociations et de décisions : anciennement connu sous le nom de LOGOMUT - le Comité de Convention R-CCR a tenu à mettre en avant les principales raisons qui ont abouti à ces changements avec en trame de fond la volonté de réduire la consommation de séances de 60 minutes sans pour autant léser le bénéficiaire. 

L'argument avancé : le temps de concentration et d’attention soutenue varie d’un enfant à l’autre mais n’excède pas 40 minutes . 

Dans la littérature scientifique, les études testant l’efficacité de diverses prises en charge dans le domaine logopédique utilisent des temps de traitement très variables pouvant aller de 15 minutes et jusqu’à 2h dans certains cas.

Des travaux de Warren, Fey et Yoder datant de 2007 mentionnent, dans la conclusion de leur article sur l’intensité des traitements, que «de nombreuses techniques et approches d’intervention ont été rapportées dans la littérature» mais que «nous ne connaissons virtuellement rien sur leur efficacité à différentes doses, fréquences et intensités cumulatives». (p.76)

Par contre, il existe des données dans différents domaines de la cognition qui démontrent que les apprentissages sont plus efficaces lorsque le temps d’entraînement est distribué sur plusieurs sessions plutôt que rassemblé en une seule session (voir Janiszewski, Hayden et Sawyer, 2003 pour une méta-analyse). 

Pour l’Union Professionnelle des Logopèdes Francophones, cette mesure permet de ne pas léser  les bénéficiaires en proposant des  séances  plus adaptées aux besoins des enfants, sans grèver le budget qui leur est alloué.

L’ASPH nuance cependant. S’il est important de légiférer afin de limiter les abus et les surfacturations, il faut garder en trame de fond, l’importance de ces séances dans le traitement de toute une série de pathologies.  Economie, certes mais pas sans réflexion et concertation.

Par ailleurs, l'ASPH restera attentive à l'évolution de cette nouvelle mesure. Si vous souhaitez nous faire part des implications de cette règlementation dans votre quotidien, contactez-nous :

 

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