Nécessité d'une reconnaissance

Reconnaître et protéger les aidants proches, notamment afin qu’ils ne subissent pas de préjudices dans le cadre de leur carrière professionnelle, sont des objectifs tout à fait légitimes.

C’est pourquoi nous soutenons cette reconnaissance dans un cadre légal.

Reconnaissance sous conditions

Dans un premier temps, nous proposons une procédure de reconnaissance sous certaines conditions. Le dispositif devrait faire l’objet d’une évaluation à moyen terme afin de procéder éventuellement à des ajustements. Les causes et les manifestations de la grande dépendance étant diverses et pouvant concerner les personnes âgées, les personnes handicapées, les malades chroniques ou les victimes d’un accident… ), il est important qu’elle soit définie selon des grilles d’évaluation à remplir par le médecin traitant. Cette attestation de grande dépendance permettra à l’aidant (ou aux aidants) de faire connaître sa qualité d’aidant proche auprès de sa mutualité. Reconnu comme aidant-proche, il pourra alors bénéficier d’un crédit-temps spécifique « aidant proche » sous certaines conditions :

  • Respecter et prendre en compte l’avis de la personne aidée, ses besoins, ses souhaits concernant l’aidant proche
  • Apporter son aide en complémentarité avec les intervenants professionnels (médecin traitant, assistante sociale, les professionnels des services d’aide et/ou de soins à domicile, associations spécifiques dans le champ du handicap ou du vieillissement…). Cette complémentarité avec les praticiens professionnels est fondamentale afin de soulager les aidants. En outre, sans les aidants-proches, le maintien à domicile n’est pas possible.
  • Aider en étroite collaboration avec les centres de coordination d’aide et de soins à domicile, qui assurent la coordination de l’ensemble des intervenants et de l’aidant proche. Ils évaluent la nécessité de l’aide dans la durée et contrôlent l’implication réelle de l’aidant proche lui octroyant une reconnaissance et les droits qui en découlent.
  • Elaborer en concertation avec les différents intervenants un plan de répartition des tâches entre ceux-ci afin de rendre la collaboration optimale. Cette planification a pour but de limiter les tâches de l’aidant-proche à ce qui ne relève normalement pas de la compétence de l’aide familiale, ceci afin d’éviter l’épuisement de l’aidant proche.
  • Etre en contact avec une association dispensant de l’information, des conseils et organisant du soutien psychologique aux aidants afin d’envisager la mise en œuvre d’une aide éventuelle. Par ailleurs, des balises devront être mises en place afin d’éviter des abus. Cette reconnaissance ne doit pas dédouaner les responsables politiques d’assumer leurs obligations en termes de services à renforcer. Afin d’éviter les situations d’épuisement (en particulier pour les femmes, auxquelles incombe le plus souvent le rôle d’aidant proche) et d’assurer une meilleure répartition des tâches au sein des familles, la possibilité d’une reconnaissance partagée entre plusieurs personnes doit être encouragée.

Associations signataires

ASPH : Gisèle Marlière

Espace Seniors : Florence Lebailly

FPS : Dominique Plasman

Fédération des CSD : Michel Degodenne

Solidaris : Jeazn-Pascal Labille