La loi sur l’euthanasie au cœur de la polémique.

 

Le 19 mars, le suicide de Chantal Sébire bouleversa l’opinion. Malgré un esthésioneuroblastome (tumeur) provoquant des déformations du visage et de terribles souffrances, la justice française lui refusa l’euthanasie.

 

Quelques jours plus tard, le décès par euthanasie du célèbre écrivain belge Hugo Klaus ranime en Flandre le débat sur l’extension de la loi de 2002 dépénalisant l’euthanasie. Ce dernier oppose le VLD favorable à ce qu’on élargisse l’application de la loi aux personnes démentes et aux mineurs de 12 à 18 ans, au CD&V pour qui le sujet ne fait pas partie de l’accord gouvernemental.

 

Pour rappel, la loi actuelle prévoit la déclaration anticipée pour les personnes atteintes de pathologies incurables et évolutives, notamment pour les maladies neurodégénératives telle qu’Alzheimer. Le seul hic, c’est que cette déclaration n’autorise l’euthanasie que dans le cas restreint où le patient est dans un état d’inconscience irréversible, autrement dit, un coma irréversible.

 

En revanche, lorsqu’un patient perd partiellement ou totalement ses fonctions cognitives, au point de ne plus reconnaître ses proches, il ne peut accéder à l’euthanasie même s’il en a clairement exprimé la volonté à travers la déclaration anticipée.

 

Le cas d’Hugo Klaus insiste sur cette faille. En effet, il a préféré anticipé sa mort avant de perdre la raison et de ne plus pouvoir formuler sa demande d’euthanasie.

 

Dans quelques semaines, la commission d’évaluation de la loi de 2002 établira son troisième rapport. La question d’une révision du champ d’application au profit des personnes démentes et aux mineurs sera peut-être soulevée. De leurs côtés, les francophones se disent ouverts au débat.

 

 

 

Sources : Journal Le Soir, 31 mars 2008,  p.6 et 47 - 2 avril 2008, p.14 – 3 avril 2008, p.15.

 

 



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